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vendredi 25 décembre 2020

Salle comble


Neuf heures du matin

dimanche

Stone Town

Zanzibar.

Croiriez vous que la cathédrale refuserait du monde?

Refuser n'est pas le mot, mais le dévot se presse serré à l'intérieur

en claquements de talons hauts

en effluves et rires partagés

du beau monde

qui a le droit

ici

de prier.

Et ne s'en prive pas.

Le croyant a un tantinet changé de visage ces derniers temps

des pâles de la colonie

aux Indiens de Goa

se sont succédés ceux du continent.

Pas franchement Zanzibarite

mais une institution

néanmoins

à Zanzibar

la cathédrale.

Neuf heures du matin

bondée.

écoutez pourquoi, dans "Instantanés du monde à Baghani" (cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 23 décembre 2020

Il fut un temps

Il fut un temps
où le feu brûlait
tous les jours
à Zanzibar.
Il fut un temps
où les Parsis
le nourrissaient
de bois de santal
tous les jours
à Zanzibar.
J'ai eu du mal à retrouver cet endroit
le temple du feu
dont j'avais entendu parler.
Muhsin, mon interprète, ne savait pas.
Il a dû demander
durant des jours.
Car enfin
ici
à Zanzibar
on ne connait guère
que Freddy Mercury
comme Parsi.
A force de poser des questions
on l'a trouvé
l'ancien temple du feu.
Muhsin avait peur d'entrer
dans cette immense propriété
aux bâtiments déserts
entourés de tombes.
En fait, enfant
on lui interdisait
de fréquenter cet endroit où passaient les fantômes
-trop visages pâles pour être honnêtes...
Muhsin est entré
sans trembler
mais mes questions répétées
se sont échouées sur les seules pierres tombales
et un foyer
éteint.
Ecoutez la cosmopolite Zanzibar
ou ce qu'il en reste
dans "Instantanés du monde à Baghani"
(cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

 

vendredi 18 décembre 2020

Le dixième jour

Le dixième jour

c'est la fin

et le début en vérité

car quand Durga Pujah s'en va

Dusshera n'est pas loin loin

et Diwali pointe son nez

bref

on est

au coeur

des festivités.

Le dixième jour

peut-être que l'on danse moins

car maintenant

il faut manger

là aussi

c'est une prescription

de la divinité.

J'ai dû alors

laisser mon micro

le ranger dans mon sac

et m'asseoir sur le trottoir

devant le regard maternel

d'une matante

me servant le prasad.

Me remerciant de faire honneur ainsi

à ma divinité.

Qu'auriez vous fait?

Plongez-vous dans ces jours d'abondance

qui mettent les larmes aux yeux

dans "Instantanés du monde à Rungta Lane"

Photographie©Anne Bonneau

 

jeudi 17 décembre 2020

Danser sous la pluie


On est parti au milieu de la nuit

pour aller danser dans la rue

parce que c'est de tradition à Bombay

 - et dans de nombreuses villes de l'Inde-

de se joindre à ces méga teufs

en l'honneur de Durga.

A vrai dire, je m'attendais 

à ces trucs un peu folkloriques

où une ligne de gars dansent devant une ligne de filles

claquetant des bâtonnets quand ils se croisent

genre

vous voyez.

En vérité en vérité

les décibels vous explosaient le cœur

ils y avait des milliers de personnes

qui dansaient comme des chamanes

habillés comme

comme

ma foi

comme des Indiens en fête

et cerise sur ce gâteau vibrant et étourdissant

la pluie -chaude- s'est mise à tomber

et là

c'est devenu chaud chaud chaud bouillant

à croire que le ciel lui même

avait pris les manettes 

pour que les corps passent aux fêtes follettes.

C'était beau grandiose étonnant puissant

bref

la fête.

écoutez voir

dans "Instantanés du monde à Rungta Lane"

Photographie©Anne Bonneau

mercredi 16 décembre 2020

Eh bien dansez maintenant!


Elle est prête.

Prête à tout abandonner.

Son fils endormi sur sa chaise

son mari attablé devant l'évier

parce que c'est sacré

parce qu'elle est Gujaratie

et qu'elle a ça dans le sang

Shambavi.

La danse.

Le garbah.

C'est maintenant

c'est le moment dans l'année

où il lui faut aller danser.

Danser pour la déesse

cela s'entend.

Cela s'entend de loin d'ailleurs.

Une touche d'or encore sur les paupières

et elle est parée

allons

dans "Instantanés du monde à Rungta Lane"

Photographie©Anne Bonneau

mardi 15 décembre 2020

Durga des rues

Elle a été amenée là

dans son temple en polystyrène

et va trôner

sur le trottoir

durant dix jours.

Dans la rue comme chez elle.

Et la rue n'a plus qu'à s'incliner.

Et le chaland plus qu'à se déchausser

et lui rendre hommage

dès potron minet.

C'est tout le quartier qui se trouve béni

de cette présence informelle.

Elle a même son gardien

ses cuisiniers

et ses prêtres

temporaires.

Des intermittents 

que l'on a rencontrés

dans "Instantanés du monde à Rungta Lane"

Photographie©Anne Bonneau


lundi 14 décembre 2020

C'est, la fête!

C'est la fête

c'était la fête

et il semblait alors

que rien ne pouvait empêcher

de descendre dans la rue

en famille

comme ici

en plein cœur de Bombay

qui est comme chacun sait

une raisinée de villages

des grappes de communautés

qui descendent

descendaient

dans la moindre des ruelles

sitôt la fête annoncée.

Même quand les appartements

où ils vivent habituellement

font trois ou quatre fois

la longueur de cette ruelle

en bas de chez eux.

Populaire et inclusive donc.

Déjà, bien avant tous les chamboulements que l'on sait

il y avait dans ces airs de fête

une candeur

rafraîchissante

elle s'entend

dans "Instantanés du monde à Rungta Lane"

Photographie©Anne Bonneau

 

vendredi 13 novembre 2020

Ceci n'est pas un cimetière

Mais bel et bien une tombe.

Là

toute seule

devant la porte

de la maison.

Comme toujours

à Raivavae.

On ne va tout de même pas

parquer les morts

loin des yeux?

Alors que là

devant la porte

voire

au milieu du salon

si si

au milieu du salon

sous la terre hein

mais au milieu du salon

au moins

on les voit

on pense à eux.

Même la Pasteur

qui n'est pas d'ici

a été surprise

à sa première

mise en bière.

On s'y fait

dit-elle.

Ecoutez-la dans "Instantanés du monde à Vaiuru" ( cliquez ici pour entendre ces liens très spéciaux avec le passé...)

Photographie©Anne Bonneau


jeudi 12 novembre 2020

Elles sont là



Elles sont là

à la maison de prière

plusieurs fois par semaine

elles sont là

aussi

quand il faut nourrir le monde

elles sont là

quand il faut recevoir

dignement

comme chaque semaine

après la séance de catéchèse

elles sont là

et ne viennent pas les mains vides.

Elles apportent

pour le dîner

de 6 heures

tout ce que la terre

peut porter

de fruits

de légumes

de viandes

et tout ce que la mer

peut fournir

de poissons

de crabes

et autres bestioles

des eaux.

Elles sont là

les piliers 

de Madame la Pasteur

"Ici, je n'ai rien à faire!" 

dit-elle avec son bel accent chantant

car

elles 

sont

là.

Ecoutez-les rire et chanter

en plus

dans "Instantanés du monde à Vaiuru" ( cliquez ici pour entendre les femmes )

Photographie©Anne Bonneau

mercredi 11 novembre 2020

Jésus revient

Ne me dites pas

qu'un gars avec une guitare

dans une église

ne vous fait pas penser

à "Jésus revient"?

En vérité en vérité

celui-là ne joue pas

ce genre de truc

et d'ailleurs

même pas

dans une église

mais un chant

bien de chez lui

avec des mots supers longs

et supers rythmés

que je ne comprends pas

et avec une brochette

de jolies dames

devant lui

qui se tiennent les côtes de rire

en trébuchant

sur le do.

Mettre des guitares

et des ukulélé

dans son culte

c'était le vœu

de Madame la Pasteur

d'Anatonu.

Des fleurs

des chants

des rires

une façon 

de rendre hommage

au dieu.

ça a du sens?

Pas pour tout le monde...

Ecoutez ça, dans "Instantanés du monde à Vaiuru" (cliquez ici, vous entendrez bien que le gars ne chante pas "Jésus revient"!!!)

Photographie©Anne Bonneau

 

mardi 10 novembre 2020

Crépusculaire


Je me suis fait embarquer

un soir

par la pasteur

qui allait à Vaiuru

pour un truc de prières.

J'étais à vélo

son mari a jeté mon vélo dans le pick-up

et allez zou

on est descendu

à la maison de prière.

Je voulais voir.

En arrivant

j'ai rajusté

tant bien que mal

un petit coton

sur mes épaules nues

et je suis entrée

derrière Madame le pasteur.

Les paroissiens étaient sérieux comme des papes

mais elle

jouait avec ses cheveux

ses tongs

claquait de la langue

des mains sur ses cuisses

se balançait sur sa chaise

et rigolait à pleine gorge.

Je n'ai rien compris à leurs prières

mais

bien senti

le décalage

entre la guide spirituelle

et ses paroissiens.

Elle en parle

dans "Instantanés du monde à Vaiuru" (cliquez ici, vous entendrez l'émission de radio)

Photographie©Anne Bonneau

lundi 9 novembre 2020

Appelez-la Madame



On me donne souvent des conseils

quand j'arrive

là

où

je ne connais rien.

Un conseil qui revient souvent

c'est d'aller rencontrer le maire.

Ah.

Je ne le suis jamais ce conseil-là.

Préfère les chemins de traverse

que les allées pavées.

Pavées de tout ce que vous savez.

Bref

j'y vais pas

en revanche

quand on m'a dit:

"tu devrais aller voir

la pastoresse"

ça a tilté

je sais pas si c'est juste

le féminin

ou

que j'aimais bien

son coin.

Je l'ai dérangée

chez elle

elle était affalée

en paréo

sur son canapé en skaï rouge

elle avait vraiment l'air

très jeune

et très cool.

Elle a rit en me voyant débarquer

m'a fait une place

sur son canapé

et

elle a causé.

J'ai aimé ce conseil-là.

Ecoutez-la

dans "Instantanés du monde à Vaiuru" (cliquez ici pour l'entendre) 

Photographie©Anne Bonneau

samedi 7 novembre 2020

Flûte de paon!

J'aurais pu faire un quizz avec lui

ce paon

qui croise notre chemin

au temple de Jajiwal.

Je l'ai fait écouter à Bruno

qui a travaillé sur cet "Instantané"

il a écouté le son du paon.

Il a cru

que c'était 

un ventilo!

Dingue le bruit que peut faire

cette bestiole

quand elle secoue ses plumes

non stop

durant dix minutes...

écoutez-le, dans "Instantanés du monde à Jajiwal" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie©Anne Bonneau

 

vendredi 6 novembre 2020

Petit livre rouge

Ce petit livre

c'est le missel

du Bishnoï.

Chaque matin

il se doit

de réciter les 120 mantras

règles de conduite

du gourou Jamboji.

Qui a fait aussi

une version courte

pour les heures du quotidien.

29 règles de vie.

Hygiène personnelle

du corps

et de l'esprit

règles de société

pour vivre

en harmonie

avec les autres

et le monde.

Khamu Ram Bishnoï vous les explique

dans "Instantanés du monde à Jajiwal" (cliquez ici pour entendre l'émission)

de quoi inspirer

les plus fervents

écologistes...

Photographie©Anne Bonneau

jeudi 5 novembre 2020

Restons concentrés...

Beaucoup d'hommes

peu de femmes

à la prière du matin

au temple de Jamboji.

Bon.

Faut y aller quand même

pas un village en vue.

Il y a de la route

pour y arriver

et encore, nous dit Swamiji

autrefois il fallait traverser

une zone peuplée

de bêtes sauvages.

Peu de femmes, disais-je.

Enfin, hier soir

il y en avait une.

La tête et le visage couverts, comme celle-ci

mais

un décolleté

deux fois plus

...

généreux?

Disons cela, généreux

que cette dame-là sur la photo...

Comment diable

rester

plongé

en prière

quand le ciel

descend

sur la terre!

Oui, bon, ben, son visage était couvert, hein!

Restez concentrés

et écoutez

les pieuses paroles

de Khamu Ram et Swamiji

dans "Instantanés du monde à Jajiwal" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie©Anne Bonneau