jeudi 17 août 2017

Jacques, André, Paul et les autres

Ils viennent ici
sur la tombe de Jacques Brel
et laissent des mots doux
écrits sur des cailloux.
Certains rêvent de voir ça
mais c'est loin
les Marquises
alors...
Alors un jour
le facteur a posé
entre les galets
pleins de mercis
une lettre
adressée
à Jacques Brel
cimetière d'Atuona
Hiva Oa
Marquises.
Ecoutez-les parler de Jacques, mais aussi de Paul
dans "Instantanés du monde sur les crêtes d'Hiva Oa" ( cliquez ici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 16 août 2017

Ligne de crête


On m'avait dit
"facile
tu le trouveras
André
il habite la grande maison
sur la ligne de crête."
Tu suis la ligne de crête
au bout
il est là.
Ah.
Incroyable ce qu'on perd
comme notion de volume
quand on vit
dans le plat pays
ou dans son petit frère.
Vous pouvez me dire
"troisième à droite après la pharmacie
au quatrième rond-point
après le passage piéton
et avant le deuxième feu rouge"
je trouve
facile.
Suivre la ligne de crête
sur une route 
en arêtes de poissons
qui s'enfoncent en vallées
ou grimpe
vers d'autres monts
eh ben voilà
encore perdue.
J'ai fini par trouver
il faisait presque nuit
j'ai apprécié
la profondeur des bleus
sombres
comme sur les toiles
d'André.
Ecoutez-le, entouré des premiers grillons du soir
dans "Instantanés du monde, sur les crêtes (forcément!) d'Atuona" ( cliquez ici pour entendre cette rencontre vespérale)
Photographie©Anne Bonneau

lundi 14 août 2017

Ils parlent de la mort comme tu parles d'un fruit

Ils ne pensent qu'à ça
sitôt débarqués sur les berges d'Hiva Oa
de la mort
qui habite cette île.
Oh, pas de celle des milliers de Marquisiens
passés de vie à trépas
avec leur arrivée
enfin
l'arrivée
d'autres Occidentaux
sur leurs bateaux
mais bien de celle
du Grand Jacques
à qui j'emprunte
le titre
de ce billet.
Enterré là
sur les crêtes 
d'Atuona
au vieux cimetière.
Alors bien-sûr
ils me demandent
les Marquisiens
"t'es allé le voir?"
Ben non.
Pas très causant
pour un "Instantané"
un gars dans sa tombe
aussi
génial
soit-il.
Eh ben si
finalement
j'y suis allée
parce qu'André m'y a traînée.
Entendre un artiste parler de la mort
ça vaut toujours la peine
finalement
Ecoutez-le, dans "Instantanés du monde, sur les crêtes d'Atuona" (cliquezici pour entendre l'émission)
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 13 août 2017

Oublier la flamme


Pas de montre aux bras des hommes
de toute façon
elles fondraient fissa...
L'horaire
c'est le creuset
qui le donne
quand le cuivre et l'étain sont fondus
quand l'alliage est coulé
voilà
c'est terminé.
les hommes achèvent alors
leur journée.
Après?
Après ils s'arrêtent parfois
ou peut-être
souvent
à la boutique de todi
l'alcool local
pour tenter
d'oublier
la flamme
qui les consume
Ecoutez-les, dans "Instantanésdu monde à Mannar"
Photographie © Anne Bonneau

samedi 12 août 2017

La fin du feu

"Regarde ce travail : c'est un boulot très dur ! 
Et c'est dangereux aussi. 
Tu vois la chaleur qu'il fait ici, on  peut pas supporter ça. 
La nouvelle génération ne pourrait pas supporter ça. 
Les jeunes ne veulent plus ce genre de travail et ils cherchent d'autres boulots ailleurs. 
Et puis, ailleurs, ils gagnent beaucoup plus qu'ici. 
Il y en a beaucoup qui partent dans les pays du Golfe. 
Comme on ne trouvait plus personne,
on a embauché des ouvriers qui venaient du Bengale. 
Ils n'ont pas supporté eux-mêmes. 
Ils sont repartis chez eux vite fait ! 
Dans quelques années tout ça va disparaître on ne pourra plus fabriquer tout ça."
Praddibh, ouvriers des forges
A écoutez, dans "Instantanésdu monde à Mannar"
Photographie © Anne Bonneau

vendredi 11 août 2017

ça tourne

Dans cette fonderie de cloches
il y a ceux
qui sont au charbon
activant les feux
faisant ruisseler
les alliages en fusion
et ceux
qui tapotent
l'argile
qui façonnent
la cire
qui 
assis par terre
cassent au marteau
des menus morceaux de tuiles.
Qui se la coulent douce?
Mouais...
En fait
ça tourne
les tapoteurs
échangent
avec les brûleurs.
Eh.
La vie dans les forges du Kerala
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 10 août 2017

Hypnotisée, envoûtée, ensorcelée...

C'est l'effet que ça m'a fait.
Captivée.
Je crois même que c'est pour ça
de ce que l'on m'expliquait...
En fait
j'écoutais pas...
Tellement séduite
par l'esthétique
de cet endroit...
Au fil des heures
la lumière qui se faufile
sous les tôles
les fumées
les gerbes d'étincelles
l'éclat des lampes
les creusets en fusion
la poussière qui vole sous les pieds nus
hypnotisée
envoûtée
ensorcelée...
Ecoutez, ça s'entend!
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 9 août 2017

Un ange passe

Elle est apparue d'un coup
entre les fumées
et les scories
elle venait voir sa statue
son œuvre
ce Saint François d'Assise
fondu par la communauté Vishnoukarma.
A ses côté
sa famille d'artistes, comme elle
un mari peintre 
une fille danseuse
un fils acteur
et mordu de croquis
qui me réclame mon carnet
pour me brosser le portrait.
Et tout à coup
cette volées d’artistes en coton blanc
disparaît fissa.
Il reste cette photo
et le croquis
dans mon carnet.
Et les mots de Menni
Photographie © Anne Bonneau

mardi 8 août 2017

Je comprends rien

Rajapan est très enthousiaste.
On peut dire ça comme ça.
En vérité en vérité
Rajapan est survolté
quand il s'agit de parler
de son métier
On dirait pas comme ça, hein?
Croyez-moi...
Il bondit
veut tout nous montrer
passe de la coke à l'âme
l'âme de ses cloches
saute au-dessus des feux
me sème en route
cause toujours
n'arrête pas...
Moi
je comprends rien
du coup.
Johnson a du mal à traduire
vu que l'autre
ne l'attend pas
plus que moi...
Bon
Finalement
après quelques heures
on a trié
remis dans l'ordre
compris
Allez hop, à écouter, chaud bouillant, 
Photographie © Anne Bonneau

lundi 7 août 2017

De la braise

C'est le Dr Sujatha qui m'a amenée là
dans cette fabrique d'un autre âge
dans son village 
du Kerala.
Pensant
que cela pourrait m'intéresser
Elle est resté en arrière
bien sage dans son sari
et moi
je me suis jetée
dans ce maelström.
800 degrés
c'est la température
nécessaire pour faire fondre l'alliage
les ouvriers m'ont regardée
bouche bée
tendre mon micro vers les flammes
me couvrir au fil des heures
de la même poussière qu'eux
mâtinée de sueur.
Forcément
ça créé des liens...
écoutez crépitements et confidences
Photographie © Anne Bonneau

samedi 5 août 2017

Les sens multiples

Pas question de venir au marché
sans goûter.
Au marché aux thés en tout cas
cela va de soi
on entre
on goûte
et il y a toujours une donzelle
qui se charge de l'affaire.
Ici
en Chine
on rouvre même des écoles du thé
pour apprendre
à préparer
servir
apprécier
conseiller.
Car cet art
du thé
peu à peu
semble réhabilité.
Alors on y prend goût
on sent
on regarde
on goûte des papilles
et on en cause
comme autour d'une bonne bouteille.
Ecoutez dans "Instantanés du monde au marché de thés de Kunming"
Photographie © Anne Bonneau

vendredi 4 août 2017

Super mode, super cher?

Le thé Pu-Erh était un bel inconnu
jusqu'à ce qu'on lui découvre
des vertus
toutes plus sublimes
les unes que les autres.
Et que je te brûle les graisses
et que je te gomme les rides
et que je te digère les banquets les plus plantureux
et que même
tient
je te rends heureux.
Bon.
Vedette de la décennie en Chine.
Et les autres alors?
Ils profitent de cet appel d'air.
On ne boude pas pour autant
les braves gunpowder
les charmants oolong
les précieuses aiguilles d'argent.
Tout ça
remis au goût du jour
par la mode aussi
des maisons de thés
autrefois interdites.
On en parle dans "Instantanés du monde au marché de thés de Kunming"
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 3 août 2017

Il y a quelqu'un?

Pourquoi ce jour-là
le marché aux thés était particulièrement mort?
Aucune idée!
En tout cas, personne dans les boutiques
devant lesquelles
sont garées
voitures de luxe
européennes...
Au détour d'une allée de cette ville en minuscule
une femme lave son linge dans une bassine
un vieil homme vous fait la conversation.
Des lieux déserts
c'est pas terrible pour l’ambiance sonore
mais c'est très bon
pour prendre le temps
de parler
au fond.
Ecoutez
"Instantanés du monde au marché aux thés de Kunming"
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 2 août 2017

En vrac

En vrac
les thés vendus au marché de Kunming.
En vrac
en sacs
en ballots
et aussi
emballés très précieusement
dans des coffrets luxueux
avec prix ad' hoc.
Sous plastique
des trucs qui ne ressemblent pas au thé
des bourgeons
des pétales
des fleurs
qui laissent Gary
notre expert en thé
dubitatif...
"Le problème des fleurs, du jasmin, du chrysanthème, c'est qu'elles sont très sensibles aux maladies, et donc très traitées, contrairement à du thé qui n'en demande pas tant..."
Alors, thé au lait ou thé au jasmin?
A vous de voir
écoutez donc Gary, pour savoir
dans "Instantanés du monde au marché aux thés de Kunming"
Photographie © Anne Bonneau

mardi 1 août 2017

Derrière les barreaux

Gary bosse derrière les barreaux
en Chine.
Derrière les lourdes grilles
du marché aux thés de Kunming.
Une mini-ville très bien gardée
par des policiers armés.
La faute aux prix d'un thé bien spécial en ces contrées?
Qui a flambé ces dernières années
face à la demande immodérée
de ces contrées fort habitées?
Peut-être
ou bien
simple mesure de sécurité...
Gary vend du thé Pu-Erh
il vous en parle
entre deux milles coups de fil
émaillant notre conversation.
Il y a eu du montage
dans cette interview
mais Gary connait son sujet
et suit le fil
passionnant
qu'il déroule pour vous
dans "Instantanés du monde dans les rues de Kunming"
Photographie © Anne Bonneau