Affichage des articles dont le libellé est Marquises. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marquises. Afficher tous les articles

vendredi 20 novembre 2020

L'art des confitures

Elle me regarde avec un sourire en coin

Tahia

quand je commence à me lécher les babines

lorsqu'elle attaque son ananas.

Une experte en confitures?

Pensez-vous!

Tahia

ce qu'elle aime

c'est confectionner

des Umuhei.

Ces bouquets odoriférants que l'on porte 

ici

à Hiva oa

dans ses cheveux.

Des bouquets aux parfums si raffinés

et si bien accordés

qu'ils peuvent

faire

tourner

les têtes.

On le dit.

Glissées dans une botte de fleurs de tiaré

de feuilles de menthe

de basilic en fleurs

d'ombelles de fenouil

de rubans d'ylang-ylang

de frisottis de fougères

des pointes d'ananas

trempées dans la poudre de santal

assaisonnées d'un jus de gingembre jaune

et aspergées d'une brume

de monoï à la menthe.

"Bon, tu prends ce que tu as sous la main, hein!"

Et encore

dans la liste ci-dessus

je suis sûre que j'oublie des trucs.

Drôlement plus sophistiqué que les confitures

Ecoutez les expertes en Umuhei

et observez l'intelligence de votre mémoire

qui vous monte direct aux papilles

quand on écoute la radio

qui évoque de telles fragrances...

Dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici, et respirez)

Photographie©Anne Bonneau

 

jeudi 19 novembre 2020

Prends garde à la douceur des choses...

Il n'a l'air de rien

comme ça

ce petit bouquet

glissé

innocemment

dans un chignon.

Mais

MAIS

mais....

Gaby vous le dit

celui-ci

on l'appelle

Umuhei.

Ce qui veut dire

bouquet

aphrodisiaque.

Les dames qui s’entraînent à tresser des couronnes de fleurs

aux côtés de Gaby et Félicie

s'esclaffent.

Je me fais discrète derrière mon micro

car Siki a enroulé dans mes cheveux

un petit Umuhei

discret

et fulgurant...

Ecoutez les vertus cachées des parfums

dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre l'émission)

Photographie©Anne Bonneau


mercredi 18 novembre 2020

Allez, au boulot!

Tout le monde donne un coup de main ici

chez Siki

quand il s'agit

d'honorer les commandes de couronnes.

Le mari emmène ces dames dans la brousse

pour collecter fleurs et fougères

le fils arrête de faire les yeux doux à sa belle

et enfile les aiguilles

pour sa mère

qui ne voit plus guère

et ça bosse.

De temps en temps on se roule une petite cigarette

et on prend le temps

de montrer aux petits enfants

comment on fait

les couronnes

ici.

"Ben oui, faut partager! Tu vas pas emmener ce savoir-là dans ta tombe!"

rigole Siki

Ecoutez-la dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour entendre les réflexions de la dame aux fleurs)

Photographie©Anne Bonneau




 

lundi 16 novembre 2020

Deux sœurs en leur jardin

Si Tahia et Siki sont dos au mur

en tout cas

à la falaise

grimpant presto vers l'azur

c'est bien en ce moment

de fête des morts

et autres virées sur les tombes.

Car alors

elles s'activent

à fournir des couronnes

pour honorer les âmes défuntes.

Une incursion dans le jardin

où elles s'alpaguent

pour me faire goûter

qui le fenouil

qui la menthe

qui le basilic

qui l’aneth

et se lancer des questions pièges

"comment on dit ça en français?"

Et après

zou

à l'ouvrage.

Les morts n'attendent pas.

Ecoutez-les, dans "Instantanés du monde à Atuona" (cliquez ici pour vous retrouver illico aux 

îles Marquises!)

Photographie©Anne Bonneau

 

vendredi 3 juillet 2020

Faut être costaud !


C'est quoi ce bruit
incessant?
Ah oui, la mer
qui se fracasse dans la baie.
Jamais elle arrête?
Pas souvent...
Tefa me montre le débarcadère
de la vallée
un bout de béton qui lutte comme il peut
contre les assauts.
Pas facile d'accès
ce coin de paradis.
Son fils pêche
au bord des vagues
et laisse sa canne
contre le pont
de la rivière
avant de remonter
boire une citronnade
à deux pas
à la maison.
Après il sera embauché
pour aller au coprah
"C'est pas de l'exploitation! C'est l'école de la vie"
dit sa maman Elaïda, dans une cascade de rire.
Partagez le quotidien d'une famille 
de la vallée
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 2 juillet 2020

Partir, revenir, rester


Il était parti Tefa
il l'avait quittée
sa vallée
et voilà
il est revenu
attiré
par le mode de vie
par le calme
et la beauté insolente
de sa vallée natale.
Ici coule une rivière
si claire
que d'un coup d'oeil (myope, le mien)
on voit tout de suite
les chevrettes
les poissons 
les anguilles
et autres bestioles
à croquer.
Tefa bosse dur
et embrasse l'horizon
"ça, c'est un garde manger vivant! Alors, partir ailleurs, non merci!"
Pour ne rien vous cacher
moi aussi
je suis tombée en amour
de sa vallée
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 1 juillet 2020

L'essentiel


Elle vient de Moorea
Elaïda.
Moorea
c'est un peu
la petite soeur de Bora Bora
vous voyez?
Une île de carte postale, quoi.
Alors évidemment
Elaïda
elle n'était pas franchement habituée
à casser des cocos
au fond des vallées
des cocos, je veux dire, des noix de coco, hein!
Aujourd'hui il faut la voir
manier la hache et le sabre
et rire
entre les fumées âcres des bourres de coco
et les plaisanteries de Tefa, son mari.
Le coprah, ça l'enrichit
en quelque sorte.
Tefa réplique
met des bémols
et des accents
dans leur conversation.
Elaïda est loin
de son enfance
et du monde
"Tu as tout ici! Et si tu n'as pas de lait pour mettre dans ton café, tu vas pas faire deux heures de route : tu casses une noix et tu fais du lait de coco!"
à savourer
dans la cocoteraie
Photographie©Anne Bonneau

mardi 30 juin 2020

Quatre jambes et quatre roues


C'est Elaïda qui conduit le 4X4
sur des chemins improbables
pour aller dans la cocoteraie
sans ciller
et même en riant.
C'est son cheval qui rigole
grâce à ma présence ici
on prend la voiture
et pas son dos
pour aller chercher les sacs de coprah.
Bon, c'est pas exactement ça
" Avec la voiture, on balance les sacs dedans et c'est fini plus rapidement!" dit Tefa.
Plus rapidement 
plus rapidement pour quoi faire?
Aller à la chasse
à la pêche
si le temps le permet.
S'il ne fait pas beau
les quatre roues de la voitures ne passent pas
et c'est le cheval qu'on selle
pour rapporter les sacs de coprah.
Ecoutez les nuances
et subtilités
de la terre
du ciel 
et du temps
dans la vallée
Photographie©Anne Bonneau

lundi 29 juin 2020

Le soleil mon patron


Tefa fait le coprah
à Hanapaaoa
comme beaucoup
dans les vallées des Marquises.
Le coprah rapporte des sous
mais pour manger
on parie plutôt
sur la pêche
la chasse
la culture
vu que la première boutique
est loin d'ici.
Donc Tefa fait le coprah.
Une forme de liberté.
"Tu travailles si tu veux, quand tu veux."
Bon
la plupart commencent à cinq heures du mat'
tout de même.
Et Elaïda, l'épouse de Tefa, de rajouter
"A dix heures, faut être sur le séchoir! le soleil, c'est notre patron!"
Ecoutez la vie bucolique
mais pas que
de Tefa et Elaïda
dans leur vallée loin du monde loin des magasins
Photographie©Anne Bonneau

dimanche 28 juin 2020

Encore perdue!


A priori on peut pas se perdre
à priori
sur l'île d'Hiva Oa
ben oui
y'a qu'une route.
Sauf que.
Sauf que si l'on me dit
à moi
femme des villes
que je devrais tourner à gauche, au bout, 
je cherche
la route à gauche, au bout.
Et aussi
je regarde
la beauté de ce qui m'entoure
et je ne regarde pas
les ravins qui m'entourent
et les chèvres qui sautent devant ma route
en pierre et en terre.
Bref
je tremble
je sursaute
je prends des suées
je m'époustoufle
et je ne vois pas de route à gauche.
J'arrive dans une vallée
qui n'est pas celle que je cherche
au bout d'une longue descente, en tremblant.
Et là, un jeune homme lavant son cheval les pieds nus devant sa maison
me dit
"Ben oui Madame, t'as pas vu la route"
et moi de répondre
"Y'a pas de route!"
...
y'a pas de route...
Parfois
Souvent
je m'afflige moi-même.
y'a pas de route...
...
Le gars ne se moque pas de moi
non
il prend ses méduses
monte dans mon auto
et me ramène
sur le bon chemin.
Et puis, une fois là-haut, il redescend en courant, tout droit, dans sa vallée.
La route est là.
Une épingle
piquée en biais
dans la chevelure verdoyante
de "ma" vallée
beaucoup plus bas.
Reconnaissance éternelle à ce jeune garçon!!!
Ecoutez l'émission, dans "ma" vallée
Photographie©Anne Bonneau