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vendredi 23 juin 2017

Madame la Présidente

Non elle n'est pas présidente
elle ne l'a pas été
pas élue
cette fois-ci
pas Présidente de la République
mais bien présidente de son parti politique.
Une place chèrement acquise
une bataille menée de longue date
à l'heure
où la majorité des donzelles convolent et procréent.
Ce que ne s'est pas abstenue de faire
Saran Sere Sereme!
Alors forcément, elle a du payer pour ça
convoyer des nounous dans ses voyages internationaux
et essuyer toutes les réflexions
que vous pouvez imaginer.
Ecoutez-la
dans "Vox Femina, Madame la Présidente".
Elle aussi, ça la fait rire, aujourd'hui.
De la vertu de l'oubli...
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 22 juin 2017

Paroles de nuit

Elle n'avait pas de créneau libre
Fatmata Bance
pour discuter avec nous.
Rien qu'un soir en vitesse si on voulait.
Si on voulait?
Pour sûr!
Et comme souvent
le "en vitesse" a traîné
s'est juste arrêté quand l'appel à la dernière prière a retenti
et hop
a rebondi.
Là,
dans ces heures qui ne comptent plus
la journée achevée
les enfants scotchés devant la télé
c'était le bon moment
avec grillons en fond sonore
pour dévoiler
les choses qu'on n'avoue guère
quand on est confrontée
plongée
dans le monde du pouvoir
et que l'on doit jouer des coudes
pour sauver
sa réputation
par exemple.
Fatmata Bance le raconte en riant.
Aujourd'hui.
Ecoutez-la dans "Vox Femina, Madame la Présidente"
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 21 juin 2017

Femme de terrain

A quoi reconnait-on un femme de terrain sur le terrain?
Pas à grand chose en vérité
ok Madame Nana
la maire de Kokologho
porte évidemment un bien joli collier
mais à part ce signe extérieur de
de quoi d'ailleurs?
Pas grand chose ne la distingue
des femmes venues au marché ce jour-là.
Enfin si
peut-être juste le nombre de personnes
la saluant
s'attachant à ses basques
l'entretenant
des choses de la ville
des choses de la vie.
La traversée du marché de Kokologho
a duré des heures.
On vous y emmène
en version expurgée
parce que bon
rien de tel qu'un micro de sortie
pour chanter louanges à tout vent!
C'est dans "Vox Femina, Madame la Présidente"
Photographie © Anne Bonneau

mardi 20 juin 2017

Femme de

Ici à Koumi,
petit village du Burkina Faso
on peut être reine
une vraie reine avec plein de pouvoir
et n'être pas pour autant
la femme
du roi.
De gauche à droite sur cette photo
la reine, que dis-je la reine,  la Reine, non mais
le Chef forgeron
et le Chef, ou le Roi, c'est selon.
Il en reste quelques uns encore
de ces territoires vivant
comme avant la colonisation
où la femme
avait son rôle à jouer
dans la société
et n'était pas seulement astreinte
à une composition
aussi
esthétique soit-elle.
Pour en savoir plus sur le rôle essentiel
des Reines
loin d'être une sinécure
écoutez "Vox Femina, Madame la Présidente"
Photographie © Anne Bonneau

lundi 19 juin 2017

Femme à temps complet

Cette semaine avec Clémence,
nous nous demandons
quelle place tiennent les femmes
en politique
au Burkina Faso.
Ok, on a tous en tête
les discours de Sankara
invitant, incitant, alpaguant la donzelle
à prendre place dans la société politique
oui
bon
mais
dans un pays
où dès son plus jeune âge
la demoiselle a déjà fort à faire
en gestion des ressources
du peu de vivres
du peu de combustible
du peu de liquide
dans tous les sens du terme
et du pas-du-tout-peu d'enfants
est-ce qu'on peut
alors
encore
plonger tête baissée
dans le nid de vipères
de la politique locale?
A votre avis?
Vous serez surpris du couple femme-politique
en écoutant
"Vox Femina, Madame la Présidente"
Photographie © Anne Bonneau

vendredi 2 juin 2017

Comme on peut

Elles sont une pincée
de sœurs
avec Sœur Adeline
pour veiller sur la flopée de donzelles
recueillies ici.
Elles les reçoivent en petits morceaux
et font comme elles peuvent
avec tout leur amour
et leur manque de savoir
ça c'est Sœur Adeline qui le dit
"On n'est pas psychologue!"
alors que faire
quand on manque de moyen
les accueillir au moins
et arrêter de dire
soit c'est parfait, 
soit on ne fait rien.
Et puis bien-sûr
"On prie pour elles!"
Ecouter Sœur Adeline
du diocèse de Kaya
parler sans langue de bois
dans "Vox Femina, Moi, Sandrine, 15 ans, mariée" (cliquez ici pour l'entendre)
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 1 juin 2017

Le champ derrière les murs

Comment faire pour nourrir
une troupe de réfugiées?
Planter, cultiver, semer, récolter.
Le problème ici
pour ces jeunes filles
promises
à des hommes plus vieux
et déjà bien mariés
c'est qu'elles sont fort recherchées
par leurs familles bafouées
par leur refus
de coopérer
donc
d'épouser.
Elles se cachent ici
et le petit champ
où elles cultivent arachides et haricots
est clos de murs
piqué de tessons de bouteilles.
Le chant des oiseaux passe
l'air frais aussi
les cris 
aussi
sans doute.
Ecoutez-les dans "Vox Femina, Moi, Sandrine, 15 ans, mariée" (cliquez ici pour entrer dans le champ derrière les murs)
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 31 mai 2017

A l'Est, du nouveau

C'est un petit village
à l'Est
à côté de Dori
à la frontière du Burkina et du Mali
un endroit où des gars sans uniforme se baladent avec des armes
mais où le monde s'arrête d'un coup
quand on lève le drapeau.
Un petit village en marge de cette vie-là
où l'on tente de cultiver
de se nourrir
de grandir.
Un village dans la ligne de mire de Fadima Sanogo
qui lutte pour qu'ici
les gamines poursuivent un tantinet leurs études
au lieu d'être mariées fissa
tout juste les dents de lait tombées.
Aïcha était un tantinet impressionnée
au micro de Clémence
mais sa maman elle
avait très envie de parler
après quelques heures passées dans leur cour
et bien après les conversations obligées
avec les notables.
Ecoutez-la dans "Vox Femina, Moi, Sandrine, 15 ans, mariée"
Photographie © Anne Bonneau

mardi 30 mai 2017

Sort commun

Elles sont une quarantaine de filles
au foyer Maria Goretti
beaucoup moins qu'autrefois
même si chaque mois
apporte son lot de rescapées
du mariage précoce.
Elles arrivent ici
bouleversifiées
et prennent leur tour
dans les tâches minuscules
de la vie
quotidienne.
Tourner le frichti 
même si la fumée pique les yeux
ça va.
Et quand la fumée pique les yeux
on voit moins les larmes couler
alors
ça va.
Partagez le quotidien
des filles 
recueillies ici
dans "Vox Femina, Moi, Sandrine, 15 ans, mariée" (cliquez ici pour les entendre rire et chanter, aussi)
Photographie © Anne Bonneau

lundi 29 mai 2017

C'est le jour des mariages!

On n'était pas à Bamako
ce dimanche avec Clémence
mais à Ouagadougou.
Et là aussi
c'était le jour des mariages.
C'est justement pour cela qu'on était là
pour capter du son
mais bon
histoire de ne pas arriver comme des intrus
Clémence s'était même débrouillée pour nous avoir une invitation
une cousine ou un cousin
donc on avait un alibi
pour arriver avec micros et bonnettes.
Ok on s'est trompé de mariage
faut dire qu'il y en avait à la chaîne
ce n'était pas la bonne cousine
mais vu la foule qu'il y avait
personne n'a tiqué sur notre présence
tous micros dehors.
C'était bien de pouvoir en rire
vu que notre sujet était sur les mariages forcés
genre
mariage d'enfants pré-pubères
et que des vrais mariés
ça nous faisait un sacré bol d'air.
Ecoutez le vrai sujet
il est intitulé "Vox Femina, moi, Sandrine, 15 ans, mariée".
Photographie © Anne Bonneau

vendredi 12 mai 2017

Une femme qui parle

Je suis tout de suite tombée sous le charme
de Marie-Claude.
Nous l'avons rencontrée car elle a été
toute jeune
une domestique
quittant son petit village
pour la grande ville.
Marie-Claude n'a pas la langue dans sa poche
avec ses frères et ses cousins
elle boit le dolo
discute et s'enflamme
dans des conversations dont je ne pipe mot.
Mais c'est bien aussi de ne rien comprendre
pour observer.
Elle cause, elle rit, elle boit,
et elle raconte
son enfance de petite bonne.
Les raisons qui l'ont poussée à partir
à revenir
à claquer des portes (on la croit!)
et la chance qu'elle exprime
d'avoir pu
les ouvrir
ces portes
qui lui ont
ouvert
la vie.
Ecoutez Marie-Claude dans "Vox Femina, leur maison, ma prison"
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 11 mai 2017

Pas assez de tout

C'est un gros souci
pour les dames de la ville
la saison des pluies.
Pas par manque de parapluie
mais par manque
de main-oeuvre.
Les enfants domestiques rentrent alors aux villages
où les bras sont nécessaires
pour les plantations.
Entre deux saisons
ils reviennent à la ville
chez leur patron où d'autres
des "placeuses" sont organisées
pour y suppléer.
C'est pas par plaisir
juste par manque de tout
qu'on se sépare de ses petits
dès l'âge de huit ans.
Écoutez les mamans vous expliquer
pourquoi
comment
elles font
avec leurs petits travailleurs
et leur coeur.
C'est dans "Vox Femina, leur maison, ma prison".
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 10 mai 2017

Grande fille

Ici, au Burkina
l'âge où l'on fait du vélo
en pétrouillant
parce "qu'on-dirait-que-ce-serait-une-moto"
( oui oui les filles jouent aussi à ça, croyez-moi!)
c'est aussi l’âge
où l'on veille les petits.
Petits frères et sœurs
cousins
voisins
voire
enfants des employeurs.
Parce que c'est comme ça
ici
au Burkina
on a davantage confiance
à confier ses enfants
à
des
enfants
qu'à des adultes
aussi qualifiés soient-ils.
"Les garderies? C'est un truc de blancs!" m'a avoué la collègue de Clémence!
Voilà pourquoi
entre autre
les enfants font du vélo
seulement
quand ils n'ont pas de boulot.
Ecoutez le sujet sur les enfants domestiques
intitulé "Vox Femina, leur maison, ma prison"
en cliquant ici.
Photographie © Anne Bonneau

mardi 9 mai 2017

Pas peur

On a tout imaginé
quand on préparait ce sujet.
On a trop imaginé
et peut-être aussi le pire
et j'avoue je me suis dit
bon
cela ne va pas être de la rigolade
et j'ai intérêt à m'armer
me cadenasser
pour plonger dans le monde
des enfants-esclaves
soumis
au sein des foyers
aux pires horreurs de la terre.
En vérité en vérité
et encore une fois
c'est toujours moins pire
je veux dire
plus sain
de regarder sur le terrain
plutôt que de balayer d'en haut,
les yeux voilés par les statistiques
plus sain
je veux dire
plus humain
et donc
moins difficile
de comprendre
et
de ne pas juger
de ne pas vouloir
à tout prix
se faire peur.
On vous emmène avec Vox Femina
dans "Leur maison, ma prison"
Ecoutez, ça ne fait pas peur.
Photographie © Anne Bonneau

lundi 8 mai 2017

Les femmes et les enfants

Cette semaine Clémence Tuina va vous emmener loin.
On commence dans son bureau
et jusqu'ici tout va bien.
On rencontre ses collègues
et puis on file au sud
on s'arrête aux marchés
on se pose dans les villages
bref
on s'interroge
on cherche à savoir
à comprendre
pourquoi
tant de fillettes
sont envoyées
comme domestiques
dans les villes du Burkina.
ça n’empêche pas de sourire
de rire aussi
de se moquer
de soi et de la vie.
Suivez-nous et écoutez
"Vox Femina, leur maison, ma prison" en cliquant ici.
Photographie © Anne Bonneau

vendredi 28 avril 2017

Mange!

Vox Femina vous invite à passer une journée
avec une bande de dames de Ouagadougou
qui toutes
ont
ce même appétit
de vivre.
Malgré leur sérologie
VIH+
un truc des plus fâcheux ici
très très facheux là-bas
elles vous expliqueront pourquoi
trrrrrrrès concrètement!
On mangera ensemble aussi
et on rira
on chantera
et peut-être même qu'on essuiera une larme en douce
mais bon.
Venez!
C'est dans "Vox Femina, une vie après la contamination"
Photographie © Anne Bonneau

jeudi 27 avril 2017

Des voix et du savon

Que font-elles quand elles se retrouvent toutes
ces femmes de Ouagadougou
au sein de l'association "Aide-moi à être mère"?
Elles échangent des nouvelles
se renseignent sur les médocs
regardent grandir les enfants
s'allègent le coeur
en avouant leurs peines
et font
du savon.
Ben oui.
Parce qu'il faut BIEN vivre.
Et donc, gagner sa croûte
et tant qu'à faire
autant le faire ensemble
en discutant
en riant
en interrogeant
celle qui sait
qui a vécu déjà.
Ecoutez-les dans "Vox Femina, une vie après la contamination"
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 26 avril 2017

Deux temps, mille mouvements

Il lui a fallu un temps
à Pascaline
pour accepter le fait
que sa soeur
puisse être porteuse du VIH.
Il lui a fallu un temps pour ne plus la rejeter d'office
-si si, elle le dit!-
et pour s'en rapprocher.
Et pour la soutenir.
Et pour l'aider.
Aujourd'hui Pascaline se démène
pour aider celles qui n'ont pas le même genre de soeur qu'elle
va voir les unes les autres
les engagent à se battre
à vivre
à gagner leur vie
aussi et surtout
quand tout
tous
vous abandonnent.
Vous l'avez compris, Pascaline n'a pas la langue dans sa poche
quand c'est moche elle le dit
quand elle a peur elle le dit
quand ça va mieux, aussi
quand elle n'en peut plus, elle le dit aussi.
Ecoutez-la, dans "Vox Femina, une vie après la contamination' en cliquant ici.
Photographie © Anne Bonneau

lundi 24 avril 2017

Clémence en son pays

Les fidèles d'Instantanés du monde
connaissent Clémence.
Elle vous avait emmenés dans le village de sa belle famille
rencontrer la reine de Koumi.
Clémence adore son pays
a une pêche d'enfer
est pleine de talents
a une écoute proportionnelle à son professionnalisme
bon
j'arrête les compliments ou vous ne me croirez plus!
Que les choses soient claires
mes compliments sont comptés
donc
en route
avec Clémence pour les "Vox Femina" au Burkina!
Il y en aura quatre!
Quand je vous dis qu'elle a la pêche!
Qui vous mèneront du sud au nord,
et là, tout de suite
on reste en ville
à la rencontre des femmes porteuses du VIH
qui ne comptent pas
se passer d'enfant
pour autant!
Ecoutez-les, dans "Vox Femina, une vie après la contamination", en cliquant là.
Photographie © Anne Bonneau

mercredi 5 octobre 2016

Le champ derrière les murs

Comment faire pour nourrir
une troupe de réfugiées?
Planter, cultiver, semer, récolter.
Le problème ici
pour ces jeunes filles
promises
à des hommes plus vieux
et déjà bien mariés
c'est qu'elles sont fort recherchées
par leurs familles bafouées
par leur refus
de coopérer
donc
d'épouser.
Elles se cachent ici
et le petit champ
où elles cultivent arachides et haricots
est clos de murs
piqué de tessons de bouteilles.
Le chant des oiseaux passe
l'air frais aussi
les cris
aussi
sans doute.
Ecoutez-les dans "Instantanés du monde à Kaya" (cliquez ici pour entrer dans le champ derrière les murs)
Photographie © Anne Bonneau