jeudi 16 janvier 2020

Qualité main


Elles frottent
aux petites heures du matin
au Trou d’eau douce
et ensuite
des mètres de tissus colorés
enrubannent les rochers alentours.
Des mètres de sari
ponctués des virgules des corsages assortis.
Pratima fait ça aussi
chez elle
dans les hauts
de Moka.
Des guirlandes de petits cholis
rebondissent en couleurs
sur les mètres de rubans et de galons
qui orneront les jupons
portés sous les saris.
Du soir au matin
et la nuit aussi
Pratima coud
pince
agrafe
ajuste
ces petites merveilles de bonneterie
sur mesure.
Ses jours n’en finissent plus
ses nuits sont longues
Pratima sourit
de voir enfin
comme son ouvrage
colle bien
contre le cœur
de celles
qui les portent.
Ecoutez son enthousiasme
et son amour du partage
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 15 janvier 2020

Pas de ça fillette


Il faut le savoir
il y a des fringues
traditionnelles
qui se démodent.
J’en vois qui rigolent.
Je ne parle pas du sarrau
du sabot
de la coiffe
et autre ruban
évidemment
c’est le genre de trucs
qui ne sont plus guère légion
chez nous.
A propos de légion
y’a bien que les armées
qui ont gardé
les rubans
et la plume
ou presque
mais bon.
Non je vous parle de ces pays
où l’on porte
la même chose
que nos arrières arrières arrières et voir plus arrières encore
grand-mamans.
Le sari.
Un bout de tissu
à draper comme il vous plait
un truc facile
jamais démodé.
Que nenni !
Le sari
lui aussi
se démode.
A vrai dire
c’est même très mal vu
de les porter
deux fois de suite
dans certains milieux.
Alors quoi, poubelle ?
Non
recyclage
en jupe et salwar
pour fillettes.
Ecoutez les usages du sari
histoire de n’être pas complètement has been
à votre prochaine soirée Bollywood
Photographie©Anne Bonneau

mardi 14 janvier 2020

C’est choli


C’est tout petit
ça colle à la peau
ça en laisse voir pas mal
de peau
et ça se porte
dans les pays
où
à-priori
on n’a pas trop le droit
de montrer
sa peau.
C’est ça
c’est un choli
ce petit corsage
qui sait parfois
se faire bien plus mini
que là
sur la photo
(choli de dames…)
que l’on rétrécit
le plus possible
comme un bikini.
Enfin tout de même moins qu’autrefois.
En fait
autrefois
y’en avait pas.
On portait le sari
direct
sur la peau nue
sans choli.
Mais ça c’était avant l’arrivée des envahisseurs
qu’on appelait alors
colonisateurs
avec leurs manières
différentes
et leur regard
sur la vie
la pudeur
très clairement, différentes
des mœurs
d’alors…
Ecoutez l’histoire du sari et son acolyte le choli
Photographie©Anne Bonneau