vendredi 3 juillet 2020

Faut être costaud !


C'est quoi ce bruit
incessant?
Ah oui, la mer
qui se fracasse dans la baie.
Jamais elle arrête?
Pas souvent...
Tefa me montre le débarcadère
de la vallée
un bout de béton qui lutte comme il peut
contre les assauts.
Pas facile d'accès
ce coin de paradis.
Son fils pêche
au bord des vagues
et laisse sa canne
contre le pont
de la rivière
avant de remonter
boire une citronnade
à deux pas
à la maison.
Après il sera embauché
pour aller au coprah
"C'est pas de l'exploitation! C'est l'école de la vie"
dit sa maman Elaïda, dans une cascade de rire.
Partagez le quotidien d'une famille 
de la vallée
Photographie©Anne Bonneau

jeudi 2 juillet 2020

Partir, revenir, rester


Il était parti Tefa
il l'avait quittée
sa vallée
et voilà
il est revenu
attiré
par le mode de vie
par le calme
et la beauté insolente
de sa vallée natale.
Ici coule une rivière
si claire
que d'un coup d'oeil (myope, le mien)
on voit tout de suite
les chevrettes
les poissons 
les anguilles
et autres bestioles
à croquer.
Tefa bosse dur
et embrasse l'horizon
"ça, c'est un garde manger vivant! Alors, partir ailleurs, non merci!"
Pour ne rien vous cacher
moi aussi
je suis tombée en amour
de sa vallée
Photographie©Anne Bonneau

mercredi 1 juillet 2020

L'essentiel


Elle vient de Moorea
Elaïda.
Moorea
c'est un peu
la petite soeur de Bora Bora
vous voyez?
Une île de carte postale, quoi.
Alors évidemment
Elaïda
elle n'était pas franchement habituée
à casser des cocos
au fond des vallées
des cocos, je veux dire, des noix de coco, hein!
Aujourd'hui il faut la voir
manier la hache et le sabre
et rire
entre les fumées âcres des bourres de coco
et les plaisanteries de Tefa, son mari.
Le coprah, ça l'enrichit
en quelque sorte.
Tefa réplique
met des bémols
et des accents
dans leur conversation.
Elaïda est loin
de son enfance
et du monde
"Tu as tout ici! Et si tu n'as pas de lait pour mettre dans ton café, tu vas pas faire deux heures de route : tu casses une noix et tu fais du lait de coco!"
à savourer
dans la cocoteraie
Photographie©Anne Bonneau